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Discours de M. Hugues Moret, Ambassadeur de France à Monaco - Réception du 14 juillet 2014 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Christophe Romanet   
Samedi, 02 Août 2014 14:00

 

 

Réception du 14 juillet 2014

Allocution de SE M. Hugues Moret

Ambassadeur de France à Monaco

 

Monsieur le Ministre d’Etat, Cher Michel Roger,

Monseigneur Barsi,

Mesdames et Messieurs les Conseillers de Gouvernement,

Monsieur le Chef du Cabinet princier,

Monsieur l’Ambassadeur d’Italie,

Chers Amies, Chères Amis,


Il y a près de trois ans, le Président de la République, me confiait la responsabilité de représenter la France auprès du Prince souverain de Monaco comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire.

Cela a été un grand honneur pour moi de remplir cette mission et de diriger une équipe diplomatique talentueuse et dévouée au service de ce bien précieux qui est l’amitié entre la France et Monaco.

A l’heure où je m’en vais, je laisse le dépôt incomparable de cette amitié à d’autres mains.

Ce soir, je souhaite adresser à tous mes vœux les plus chaleureux et je viens vous dire, avec émotion et amitié, au revoir.


Mes Chers compatriotes,

Nous célébrons ce soir notre fête nationale.

Pour tous les Français présents ici aujourd’hui, le 14 juillet est un moment d’unité, de fierté et de générosité.

Il rassemble notre collectivité nationale autour de valeurs précieuses: la paix, la fraternité, la liberté, l’égalité.

Dans un monde qui souvent les bafoue ou les viole, je vous demande, d’en être, chacun, le gardien ardent et vigilant. Et d’en porter haut, et avec fierté, le drapeau.


Ce 14 juillet 2014 est particulier.

Nous célébrons le Centenaire de la Première guerre mondiale.

Ce matin, sur cette avenue magnifique de la victoire, près de 80 nations ont participé au traditionnel défilé des Champs Elysées.

Dans le grand concours des uniformes et des étendards, dans le lent écoulement des troupes et de la musique, ont défilé les hommes et les femmes de nos armées et ceux des représentants des nations belligérantes, jadis.

Ce défilé a été celui de la paix retrouvée sur notre continent dans le souvenir des sacrifices consentis à partir d’août 1914.

Nous n’oublions pas cependant qu’il y a cent ans, dans le choc somnambulique du sentiment national enflammé, nos nations et nos peuples allaient se précipiter dans l’abîme des tranchées et des gaz et faire périr une certaine idée de la fraternité entre les hommes.

Le drapeau étoilé d’or sur fond d’azur qui est derrière moi, dressé sur sa hampe à coté de notre drapeau tricolore, symbolise la réconciliation européenne.


Chers Amis Monégasques,

Ce 14 juillet, le Président de la République a souhaité que le Prince de Monaco soit présent à ses côtés. Et que des Carabiniers de Sa garde défilent, mêlés à nos militaires et à ceux des autres nations qui eurent part au conflit.

J’y vois le symbole reconfirmé de nos liens historiques.

Les Princes de Monaco ont souvent en effet été associés à la gloire de nos armes.

Le Prince Louis II, dans cette Première guerre mondiale, a été un brillant officier d’Etat-major. Général et Légionnaire il a toujours souhaité illustrer l’uniforme Français.

Je suis heureux d’avoir pu accompagner le Prince souverain à Aubagne, en mai dernier, pour célébrer le souvenir de Camerone, comme je suis heureux que la musique de la Légion étrangère fasse retentir ses timbres lors de votre prochaine fête nationale à Monaco le 19 novembre.

Le Prince Rainier III s’est engagé aussitôt que son âge le lui a permis dans l’armée de De Lattre qui a poursuivi sa chevauché jusqu’en Allemagne et où il a pris part à la campagne d’Alsace.

Je n’oublie pas, enfin, le distingué service du Prince Albert II sur la Jeanne et suis heureux que Son bureau d’apparat s’orne de la très belle maquette de ce glorieux vaisseau école que le Président de la République Lui a offert en novembre dernier.


Chers Amis,

Au moment de quitter mes fonctions, permettez-moi  les quelques réflexions suivantes, brèves, sur notre relation, à laquelle j’ai essayé d’apporter le meilleur de moi-même, de mes soins et de mon énergie, selon les instructions que j’ai reçues.

Notre relation est multiséculaire.

Si elle a connu parfois, très rarement, des secousses ou des saccades, ce qui la caractérise c’est l’excellence de nos rapports, et leur grande confiance.

Cette relation, c’est d’abord, et avant tout, presque essentiellement, le lien qui s’établit, dans la période contemporaine, entre les Présidents de la République et les Princes de Monaco.

Ce rapport personnel est la clé de voûte de notre relation.

Ce rapport personnel est la pierre d’angle de notre relation.

Tout lui est subordonné.

Le reste est un arrière-plan. Non pas secondaire mais qui ne prend toute sa consistance et son efficacité que dans l’adossement à cette pièce maîtresse.

Ce fut un grand honneur pour moi d’être, parmi d’autres intercesseurs, l’artisan de ce lien entre le Président Hollande et le Prince souverain.

Je garderai à cet égard le beau souvenir du premier déjeuner officiel à Paris entre nos Chefs d’Etat au Palais de l’Elysée et la visite officielle en retour du Président de la République à Monaco le 16 novembre 2013.

Cette relation entre nos Chefs d’Etat est personnelle, chaleureuse et confiante.

Le second trait de notre relation est sa profonde transformation et évolution depuis 2005 et la réforme de nos traités.

Nous avons aujourd’hui, pleinement, une relation souveraine d’Etat à Etat.

Si des tempéraments et des organisations, héritées de l’Histoire et des circonstances, la façonnent de traits particuliers, nos rapports s’établissent au quotidien par la voie diplomatique.

L’ambassade de France à Monaco, comme inversement, celle de Monaco à Paris, sous l’autorité du Ministre d’Etat, doivent être au cœur de ces rapports.

C’est pour nous tout le sens d’avoir élevé notre consulat général en ambassade de plein titre et droit.

Le troisième trait est la vitalité de notre coopération administrative.

Nos rapports sont réglés efficacement par nos commissions générales et techniques, au niveau du secrétaire général du Quai d’Orsay et du ministre d’Etat, des Conseillers de gouvernement et des hauts fonctionnaires techniques, dans le domaine économique et financier ou social par exemple.

Je salue à cet égard notre accord sur le télétravail, qui doit beaucoup à Stéphane Valéri et à une persistance commune. Sa ratification parlementaire interviendra en son temps et heure, à Monaco comme à Paris.

Je suis heureux d’avoir pu faire revivre, avec le Ministre d’Etat, notre commission transfrontalière qui est un lieu incomparable d’échanges de proximité entre le préfet des Alpes maritimes, nos élus français et le gouvernement monégasque.

Qu’il me soit permis de les saluer ici, les trois préfets des Alpes maritimes que j’ai connus en trois ans, hommes d’extrême valeur et qualité, et les élus politiques, qui tous ont, avec Monaco et son Prince, des liens d’intérêt et d’affection.

Notre coopération administrative s’exprime aussi par la qualité des fonctionnaires que la France détache en Principauté, que ce soit dans l’éducation, la police, la justice, la fiscalité, la coopération scientifique ou la santé. Ces détachements doivent être de haute qualité, j’allais dire cela va de soi, et s’inscrire dans un parcours ultérieur d’excellence administrative.

Nos vues enfin sont concordantes sur tous les sujets internationaux majeurs.

Et nos sujets de coopération puisent aussi à la feuille de route qu’a tracée le Prince souverain à son avènement en 2005.

La paix bien sûr, et les valeurs qui doivent fonder les rapports internationaux, le développement  et le développement durable.

A cet égard, la France attend beaucoup de l’engagement  de Monaco et de Son souverain sur la préparation de la Conférence de Paris en 2015 sur le climat. Chacun, dans nos registres et nos moyens, nous travaillons à son succès. Je me félicite que nous ayons pu faire avancer la création d’aires marines protégées en Méditerranée avec la Fondation Albert II.

La transparence financière aussi et le rapprochement des grands standards  européens du Conseil de l’Europe et internationaux, comme ceux de l’OCDE, avec la signature annoncée, et imminente, par la Principauté de la convention sur l’échange automatique des données fiscales.

Monaco a souhaité se rapprocher de l’Union européenne et de son grand marché intérieur. Un mandat de négociation est à l’étude en ce moment. S’il appartient à Monaco à la fin de se déterminer sur le degré de rapprochement que la Principauté souhaite fixer avec l’Union européenne et la Commission, la France participe activement à la négociation, selon nos intérêts communs, qu’il conviendra de conforter ensemble, jusqu’au bout.

J’ai tenté au cours de ces trois ans de mettre aussi l’accent sur ce qui est souvent méconnu à l’extérieur, dans le grand fourre-tout des ignorances générales : il y a une vie économique à Monaco. Et sa vitalité est essentielle, pour le département des Alpes maritimes en particulier. Monaco est un poumon économique et d’emplois significatif. Pour ses entreprises, qu’elles soient de grand renom international, régionale ou locale. Il ne faut pas cesser de marteler ce message, ici et ailleurs, comme vous vous y employez M. le Ministre d’Etat. J’aurais l’occasion de mettre en exergue quelque unes, pour les remercier du concours qu’elles ont apporté à l’organisation de cette soirée. C’est une fierté pour moi de constater l’intérêt que suscite Monaco pour nos entreprises et la vitalité de nos entrepreneurs français en Principauté. C’est une de mes fiertés administratives d’avoir obtenu de rattacher à l’ambassade une section brillante des Conseillers du commerce extérieur français. Nous avons de grands projets, notamment dans le tourisme, où nous devons conjuguer les atouts de Monaco et ceux de la Côte d’Azur.


Chers Amis,

On ne sait jamais très bien pourquoi on vous nomme ambassadeur dans un pays.

Parfois, c’est pour la maîtrise de la langue locale. Je pense que dans mon cas, la langue n’a pas été le critère principal… Bien que j’aie beaucoup parlé anglais en Principauté, et pas suffisamment italien, j’en suis désolé cher Antonio Morabito. Et que je me sois mis très tardivement au russe…

Et parfois une nomination rencontre vos intérêts personnels. Dans mon cas, la politique, les arts et le sport.

Je dois faire en faire l’aveu tardif, et avant mon départ prochain : je me suis régalé, à tous les plans.

J’ai suivi au jour le jour les élections au Conseil national ! Que de passion, de mobilisation et d’énergie civique ! J’étais venu avec le manuel constitutionnel de Georges Grinda, je me suis replongé, parfois, dans Tacite et Hobbes…

Pour le reste, que d’institutions magnifiques ! Que de personnages talentueux !

L’Opéra, la Philarmonie, les Ballets, le théâtre, les musées, le Printemps des Arts, la Fondation Prince Pierre ! Grinda, Beaud, Maillot, Monnet, que d’enchantements en trois ans !

Sans oublier le Cirque et son festival international qu’anime magnifiquement la Princesse Stéphanie.

Et ce Grimaldi Forum, que d’expositions spectaculaires : les collections de Beaubourg, celle des Nahmad et leurs Picasso innombrables. Et aujourd’hui même cette inauguration des collections de la Fondation Pinault où Venise a quitté sa lagune pour aborder au rivage du Larvotto !

C’est en récompense  de son énergie et de la promotion de l’art français que la République distingue aujourd’hui dans sa promotion du 14 juillet, Sylvie Biancheri de la Légion d’honneur. Sylvie, je te félicite.

Et le sport !

Le club et le tournoi de tennis de Monaco, parmi les plus beaux au monde de terre battue.

Le Grand Prix de F1 sous la présidence de son président flamboyant, qui rugit tout autant que ses bolides sur la ligne de départ.

Le Yachting et son nouveau vaisseau magnifique ! J’ai appris à goûter la voile et les régates ici, malgré quelques points de suture et une arcade sourcilière ouverte et les urgences du CHPG une journée glacée de janvier.

Et le golf… même si mes projets de développement en accompagnement de la Ryder cup se sont perdus dans les brumes du Mont Agel….

Sans compter évidemment le football et son club emblématique, l’A.S. Monaco.

Je souhaite saluer ici l’encadrement présent  et les joueurs Français du club qui sont ici ce soir. Ils illustrent aussi la qualité de nos centres de formation, qui sont au cœur de l’excellence sportive. Je souhaite au Club une nouvelle et grande saison dans notre championnat de France. J’en suivrai attentivement les succès sportifs.


Mes Chers Compatriotes,

Je voudrais m’adresser à vous enfin.

Les Français de Monaco sont une communauté vivante, profondément enracinée dans l’histoire de la Principauté et forment une part essentielle de sa vitalité.

Que ce soit dans le monde associatif, dans les entreprises ou les arts.

Ce lien unique entre nos deux pays se colore de leur présence.

Ils ne sont pas au sens strict du terme ce qu’on appelle des Français de l’étranger.

Ils sont Français, à Monaco. Tout simplement.

Vivre en dehors de nos frontières est un enrichissement. Dans ce lien parfois un peu distendu, qu’amoindrit la distance ou les intérêts, il faut continuer d’aimer la France et en avoir l’orgueil, dans les moments calmes comme dans les situations plus compliquées.

A Monaco, ce lien avec la France devrait être plus facile. Il doit être plus facile.

Vous en êtes chacun les ambassadeurs.

Une nouvelle représentation vous a été offerte par un député qui vous représente à l’Assemblée nationale. Des conseillers consulaires ont été créés, qui sont des agents et relais de proximité, en lien étroit avec l’Ambassade. Je compte sur eux, dans les limites de leur mandat, pour exercer leurs responsabilités.

Il y a des préoccupations dans notre communauté. Notre plus haute juridiction administrative a récemment interprété dans un sens plus proche de vos demandes la situation fiscale des Français résidents en Principauté. Il y  aussi la question du logement, préoccupation majeure de nos compatriotes. De nouveaux programmes et de nouvelles règles doivent être explorés.

Chaque communauté à l’étranger s’ancre dans un lieu. Je suis heureux que la Maison de France, après une longue saga, retrouve les moyens juridiques et financiers de sa sécurité et de son avenir. Il faut ouvrir les volets et les portes : votre responsabilité est d’en faire, aujourd’hui et pour l’avenir, une maison de sociabilité active et d’imagination.

Pendant ces trois années, pour ceux de leurs représentants avec lesquels j’ai dialogué, nos échanges ont été pour moi un continuel enrichissement.


Chers Amis,

Avant de vous quitter, je voudrais exprimer des remerciements très chaleureux à tous ceux qui m’ont accueilli à Monaco, qui m’ont expliqué Monaco et qui m’ont honoré, pour beaucoup, de leur amitié confiante, intelligente et fidèle.

Les citer tous lasserait votre patience. J’aurais l’occasion dans les semaines à venir de les remercier personnellement, dans un cadre moins officiel.

Je voudrais cependant qu’ils sachent, Monégasques, Français et résidents étrangers, qu’ils m’ont été une inspiration, un guide et un soutien continu.


Chers Amis,

Cette soirée n’aurait pas cet éclat sans le soutien fidèle et généreux de plusieurs entreprises et de l’amitié de leurs responsables et dirigeants.

Je voudrais remercier :

Richelmi Monaco, Façonnable, la FNAC, Le Crédit Foncier de Monaco, les Laboratoires ASEPTA, la SMEG, Les Mutuelles du Mans, les Champagne Taittinger, Le Château Farambert, L’eau De Sail et Gastaldi Fleurs.

Avant d’écouter nos hymnes nationaux, je vous dis non pas adieu, mais à bientôt.

Vive la France, Vive la République, Vive l’amitié Franco-Monégasque !